Alors que le support officiel de Windows 10 est désormais révolu depuis octobre 2025, Microsoft semble enfin s'attaquer sérieusement aux problèmes de performance qui freinent Windows 11 depuis son lancement. Des documents internes concernant la feuille de route pour 2026, regroupés sous le nom de code « Project Windows K2 », suggèrent un changement de cap : délaisser la stratégie du « tout pour l'IA » au profit d'une gestion plus rigoureuse des ressources système et d'une meilleure cohérence de l'expérience utilisateur.
Pour les utilisateurs tentant de faire tourner Windows 11 sur des machines équipées du minimum requis de 4 Go de RAM, ces changements arrivent à point nommé. Malgré les spécifications officielles, le multitâche réel sur 4 Go provoque souvent un engorgement massif de la mémoire virtuelle. Même sur les systèmes disposant de 8 Go, la consommation de RAM au repos peut atteindre 3,5 Go, une charge énorme avant même d'avoir ouvert la moindre application.
Le retour aux composants natifs
L'un des changements les plus significatifs de cette feuille de route K2 concerne la migration des composants centraux de l'interface utilisateur. Ces dernières années, Microsoft s'est fortement appuyé sur React et WebView2 pour des éléments tels que le menu Démarrer. Bien que ces technologies web facilitent le développement, elles sont réputées pour leur consommation excessive de mémoire. L'utilisation d'applications tierces basées sur des frameworks similaires (Electron ou WebView2), comme Teams, WhatsApp ou Discord, ne fait qu'accentuer le problème.
Le nouveau plan prévoit de migrer ces éléments vers WinUI3, une solution native. Cela devrait permettre de réduire la latence et l'empreinte mémoire de base de l'OS. Cette initiative rappelle le projet abandonné « 20/20 », qui visait autrefois à réduire de 20 % l'utilisation de la RAM et la taille de l'installation. Si ce projet n'a jamais abouti, la stratégie K2 indique que la « dette de performance » est devenue trop lourde pour être ignorée, sous l'impulsion de Pavan Davuluri, désormais à la tête de la division Windows et Appareils.
Une approche plus pragmatique des mises à jour et de l'IA
La feuille de route pour 2026 s'attaque également à des frustrations quotidiennes des utilisateurs. La refonte de « Windows Update » est sans doute le changement le plus attendu. Selon les rapports, Microsoft pourrait enfin autoriser les utilisateurs à éteindre ou redémarrer leur ordinateur sans les contraindre à installer les mises à jour en attente. De plus, il serait bientôt possible d'ignorer totalement les mises à jour lors de la configuration initiale de l'appareil (OOBE).
Autre surprise : Microsoft prévoirait de réduire la présence de Copilot et des fonctions d'IA dans les applications légères comme le Bloc-notes, l'Outil Capture d'écran et Photos. Après avoir poussé l'IA dans chaque recoin de l'OS pendant deux ans, le plan K2 suggère une prise de conscience : ces intégrations alourdissent inutilement des utilitaires simples. En les supprimant, Microsoft pourrait récupérer des ressources précieuses pour le cœur du système.
Gains de performance pour le gaming et les consoles portables
Les consoles de jeux portables semblent être les principales bénéficiaires de ces efforts d'optimisation. Une nouvelle « Expérience plein écran » (FSE) conçue spécifiquement pour ces appareils permettrait de réduire l'usage de la RAM de 9 % tout en augmentant le taux de rafraîchissement (FPS) d'environ 8 %. Il s'agit d'une réponse directe au marché croissant des PC portables où chaque mégaoctet de RAM compte.
Pour les joueurs sur PC fixe, une nouvelle fonctionnalité baptisée « Advanced Shader Delivery » (ASD) vise à éliminer les saccades liées à la compilation des shaders, un fléau récurrent des titres modernes. Les documents indiquent une réduction potentielle de 95 % des temps de chargement initiaux pour des jeux comme Black Ops 7, ce qui résoudrait l'un des problèmes les plus agaçants du jeu sur PC.
Naviguer dans un marché du matériel coûteux
Ces optimisations logicielles interviennent à un moment charnière. Début 2026, les prix de la mémoire vive sont en forte hausse, rendant l'achat de RAM supplémentaire plus onéreux pour pallier les problèmes de performance. Si Microsoft parvient à réduire la charge système, cela pourrait prolonger la durée de vie des configurations de 8 Go et 16 Go qui commencent aujourd'hui à montrer leurs limites.
Le flou persiste toutefois sur l'avenir à long terme de l'OS. Alors que des rumeurs début 2024 évoquaient l'arrivée imminente de Windows 12, les signaux actuels indiquent que ce n'est pas pour tout de suite. Windows 11 semble rester la plateforme principale pour les années à venir, Microsoft préférant peaufiner le moteur existant plutôt que d'en lancer un nouveau.
Conseils pratiques pour les utilisateurs actuels
En attendant le déploiement complet des mises à jour K2 d'ici 2026, les utilisateurs disposant de configurations modestes peuvent adopter quelques réflexes immédiats :
- Gérer la consommation du navigateur : Chrome utiliserait entre 20 et 30 % de RAM de plus que Firefox. Changer de navigateur ou utiliser la fonction « Onglets endormis » de Microsoft Edge (qui économise environ 32 % de mémoire) reste une méthode efficace.
- Le débat SysMain : Pour les systèmes dotés de seulement 4 Go de RAM, désactiver SysMain (anciennement Superfetch) est souvent recommandé pour stopper les accès disque incessants liés au fichier d'échange. Cependant, sur les machines de 8 Go ou plus, il vaut mieux le laisser activé pour maintenir la réactivité du système.
- Personnaliser la barre des tâches : La feuille de route K2 mentionne le retour du placement de la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l'écran. Pour les utilisateurs d'écrans ultra-larges, ce repositionnement permettra enfin une utilisation plus rationnelle de l'espace de travail.
Priorité à la stabilité plutôt qu'au superflu
Le virage de Microsoft vers la cohérence et la fiabilité suggère une volonté de délaisser les fonctionnalités gadget au profit d'une base stable. Reste à savoir si le « Project K2 » parviendra réellement à transformer Windows 11 en un système léger, mais l'intention de supprimer le superflu est le signal le plus clair envoyé par Redmond depuis bien longtemps.
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